Jour après jour

Poème tiré des Originaires d’exil

Occasions et rencontres
Viennent tout à l’encontre
Du poème en houle qu’inscrit l’oiseau
Dans les roseaux.

Une lune de silence
Au sourire ivre d’errance
Compose de claire extase son destin
D’âme sans tain.

Quatre chats dans la pénombre
Au regard perçant et sombre
Scrutent en astrologues l’écriture
De son futur.

Mais le Vent du Nord se lève
Et le soulève et l’élève
Jusqu’au libre chant d’amour comme horizon
De sa raison.

Suite au décès de son frère Gérard, Yves Antoine a composé pour lui 50 poèmes


Autoportrait de Gerard Ortega

Gérard était mon témoin des vives fraternités.
Il fut génial, tout du long, ce partage fraternel,
Allant et venant librement aux versants du rationnel.
On les a ouvertes ensemble les portes de l’éternité.
Nous n’avons vécu tous deux que des croyances positives.
Parce que c’était Gérard, parce que c’était Yves.

Ici les concepts deviennent des réalités incarnées.
Aucun universel abstrait. Seulement des actes concrets.
L’on n’invente et ne protège que ce que l’on crée.
Je le dis « Ange » parce qu’il est le deux fois né.
Son amour fraternel fut bâti à la force de l’exemple.
Et qu’elle fut généreuse cette force, et qu’elle fut ample !

Je le dis « Ange » parce qu’il fut cette précieuse présence
Qui vous aide à traverser de douloureuses épreuves
Au jour où la vie devient comme un sombre fleuve,
De les surmonter dans l’amitié d’une parfaite décence.
Dans le torrent de l’existence nous n’avons pas sombré,
Trouvant l’un chez l’autre des appuis où s’équilibrer.

Je n’évoque pas ici le monde des choses matérielles.
Je tente l’échappée vers d’autres types de présence,
Vers d’autres dimensions des humaines existences.
Celles que l’être humain pense en termes spirituels.
Alors l’Ange n’est pas qu’une vue de l’esprit,
Mais ce que l’amour de la vie lui aura appris.