Peintures et dessins

On pourrait éprouver un sentiment de confusion quand on découvre le site Internet qui présente les productions d’Yves Antoine Ortega. Il écrit beaucoup, compose de la musique et des chansons. Il a jusqu’alors peint et dessiné plus de 8000 œuvres… et il continue de plus belle ! Pour se retrouver dans le foisonnement de l’œuvre picturale, on peut suivre trois fils conducteurs qui diffèrent, mais qui s’entrecroisent continuellement : 1./ les thèmes, 2./ les techniques et enfin 3./ l’évolution dans le temps.

1./ Les sujets, ou thèmes :

  • Les nus :

– Nus mettant en scène une seule femme, ce sont les « Poégraphies » mais aussi le « Nu à la cheminée »(1984). « L’Odalisque » de 2013. Et entre les deux un grand nombre de « Nus singuliers ».

– Des nus en groupe : c’est un projet du tout début de sa carrière. Thème décliné en œuvres demandant des centaines d’heures, comme 3 des tableaux de « Bixes » qui montrent l’acmé de certaines techniques : l’huile sur bois dans « La passe », les sticks à l’huile sur toile comme les « Chèvres des 51 philosophes » et les « Falaises du paradis ». Ou des dessins réalisés sur le motif dans les nuits d’été : les « Clairs de lune » (crayons aquarellés).

Les « Traits de nus » durant les années 1990 mettent aussi en scène plusieurs femmes dans la nature. Comme dans toute l’œuvre, le modèle photographié et dessiné est toujours Andrée.

– Les « Nudités d’Artémis » engagent un thème mythologique. A chaque fois une femme et deux chiens.

– Les « Femmes ensemble », deux femmes amoureuses dans une grotte ou sur une terrasse. Hommage continu rendu à la poétesse Sapho.

  • Les portraits : thème inauguré par le « Portrait à la serviette », poursuivi par le « Portrait d’une jeune fille », puis les portraits d’Andrée à la sanguine, les autoportraits au stylo bille. Cette pratique intense du portrait a aussi enrichi le regard du peintre pour la réalisation des visages des nus.

  • Les paysages : ses paysages sont le fruit d’un long apprentissage, qui se poursuit encore tant le paysage est considéré comme source infinie d’inspiration par le peintre. Ils constituent des œuvres en elles-mêmes, ou figurent comme le lieu d’habitation des nus. Certains paysages sont de grand format et ont nécessité des centaines d’heures de travail comme «Le peintre et l’enfant ». Ou ce sont d’innombrables « Pastels de voyage » ou « Huiles de voyage », œuvres réalisées dehors, devant le motif, donc dans un temps bien plus limité.

  • Les fruits ont donné lieu à une Suite de 144 dessins aux crayons aquarellés et ils ont permis au peintre de reporter la grâce de leurs courbes sur celles du corps féminin.

  • Les fleurs ont aussi constitué un domaine de recherche sur la couleur et l’utilisation des sticks à l’huile.

  • Les légumes ou les 55 «Fruits de la terre » aux sticks à l’huile, ont permis d’approfondir cette technique et ont repris l’idée des suites de fruits.

Classer est une habitude bien française ; mais ce n’est pas toujours pertinent : les fruits et les légumes peuvent être mélangés sur le même tableau et, comme on a pu le remarquer, tous les nus sont représentés dans le cadre d’un paysage, généralement naturel, mais parfois urbain ou domestique. Ou bien encore les paysages hébergent un ou plusieurs personnages, comme les « Ulysse » à l’encre.

2./ Les techniques :

  • Huile au pinceau. La plupart des œuvres utilisant cette technique sont monochromes, excepté quelques huiles sur bois.

  • Sticks à l’huile, sur toile, sur papier, avec ou sans crayons, avec ou sans essence de térébenthine. C’est la technique que privilégie désormais le peintre, technique qui préserve les blancs en réserve, la luminosité de la matière, et qui nécessite une grande maîtrise du dessin.

  • Aquarelles et crayons aquarellés.

  • Crayons de couleurs, technique utilisée pour les dessins nécessitant une finesse extrême dans la précision. Légèreté, transparence et luminosité sont ici au rendez-vous

  • Encres de couleur, utilisées principalement dans les travaux du début de sa carrière.

  • Tempera.

  • Pastels secs  ou à l’huile.

3./ L’historique :

Cette prodigieuse diversité d’expression pourrait éventuellement laisser croire à certains que l’on a affaire à plusieurs artistes différents. Pourtant il n’en est rien : l’artiste a un postulat de travail : « unité dans la diversité, diversité dans l’unité » (Leibniz).

L’œuvre est portée par une pensée poétique et philosophique sur l’art (voir les  « Tracés imagologiques »). L’artiste tire constamment ses sujets et ses thèmes de visions dont on peut à chaque fois retrouver la trace dans son œuvre poétique et philosophique. Il élabore pour exprimer chacune de ses visions un traitement technique approprié.

Mais le mieux n’est-il pas de lui laisser ici la parole :

« La vague de l’Océan d’éternité

Sent l’appel lointain du sable.

Et le rêve entreprend sa réalité

Bâtisseur infatigable ».  (Yves Antoine Ortega)